Vous pensez peut-être qu'apprendre une gamme qui a seulement 5 notes
(la
pentatonique mineure
par exemple) c'est plus facile qu'une gamme qui
en a 7 (la
gamme mineure naturelle
par exemple) ?
Et bien c'est vrai. C'est vrai que c'est plus facile d'apprendre la gamme pentatonique, mais
cette gamme présente aussi quelques inconvénients.
Ici, nous mettrons en évidence ses atouts et ses défauts, ou plutôt ceux qu'elle
engendre sur les guitaristes. Lisez cette section brièvement avant d'apprendre
la pentatonique (ou pendant sont apprentissage), cela vous donnera une petite
idée d'où vous allez en apprenant cette gamme.
Aussi, lisez cette section avec
encore plus d'attention si les positions de la pentatonique sont connues et
maitrisées, mais si l'improvisation sur cette gamme est encore incertaine
(par exemple si vous avez l'impression de tourner en rond, de faire toujours
les mêmes phrases).
La pentatonique, pour ou contre ?
Ce titre est on ne peut plus insensé, et c'est pour ça qu'il me plait.
On n'est pas pour ou contre l'utilisation d'une gamme.
En revanche, il faut être conscient de ses qualités, de ses défauts, des erreurs à ne
pas faire. On veut "savoir où on met les pieds" en apprenant cette gamme.
La pentatonique, une gamme trop coolos
La pentatonique est une gamme passe-partout : on peut l'utiliser dans
beaucoup de styles différents. Elle contient peu de notes donc elle est peu contraignante.
Cette gamme est excellente pour travailler l'oreille et
le processus de l'improvisation
(penser -> chanter -> jouer) puisqu'elle contient peu de
notes, et qu'il est donc assez facile de la chanter.
Si on utilise intelligemment les pentatoniques, ont peut les jouer sur
des accords de manière à ce qu'elles fassent ressortir des tensions intéressantes, ou
certaines notes particulières. Par exemple, jouer la pentatonique de Ré
majeur sur l'accord C donnera une couleur lydienne. Nous verrons cela plus en détails dans une autre page.
La pentatonique si elle est utilisée "simplement" crée peu de tension.
Cela peut être un choix esthétique, par exemple pour faire un solo "ouvert" à la manière Pink Floyd.
La pentatonique, une gamme trop nulos
Le peu de tension qu'apporte la pentatonique est souvent perçu
comme un manque de relief, de couleur. On dit parfois que ça sonne "plat".
Avec la pentatonique, on se répète très vite. Comme on n'a que 5 notes,
c'est difficile de trouver beaucoup de façons de les agencer entre elles,
et donc on attrape vite des tics, on se répète, on trouve qu'on joue
toujours la même chose et à la longue ça peut devenir démotivant.
Mais alors la pentatonique, c'est coolos ou c'est nulos ?
Et bien, un peu des deux. Voici quelques conseils pour bien utiliser la pentatonique.
Ces conseils sont destinés aux guitaristes qui sont déjà à l'aise sur des positions de la pentatonique.
Les 10 conseils pour bien utiliser la pentatonique
Concentrez-vous plus sur ce que vous entendez que sur vos doigts
Apprenez par cœur les phrases que vous aimez jouer sur la pentatonique
Si vous avez tendance à jouez trop de notes, passez plus de temps à les choisir et jouez-en moins
Osez utiliser de temps en temps des notes extérieures, en vous fiant à votre oreille
Jouez la pentatonique en sautant une note à chaque fois (la ré do mi ré sol mi la) ou deux (la mi do sol ré la)
Chantez les notes que vous jouez (sans solfier, c'est à dire sans dire le nom des notes)
Imposez-vous des positions (par exemple faites une improvisation en n'utilisant qu'une seule position de la gamme)
Quand vous êtes motivé, travaillez vos points faibles, quand vous êtes démotivé, vos points forts
Écoutez des solos de guitare en essayant de reconnaître la pentatonique
Faites-vous plaisir ! Éclatez-vous !
Je veux du son !
Vous allez entendre ici la pentatonique sous tous ses aspects : les erreurs à ne pas
faire, en sons, et les choses à faire, en son.
Phrases "pensées" VS phrases "non pensées"
Quand on débute l'improvisation sur la pentatonique mineure, en se
contente en général d'enchainer des notes sans trop réfléchir à comment cela va sonner.
Rassurez-vous, c'est un début plutôt inévitable lorsqu'on n'a pas d'expérience avec l'improvisation.
C'est que j'apelle ici les phrases "non pensées".
En effet, lorsqu'on ne "pense pas les notes", on peut difficilement créer
des mélodies simples et accrocheuses. Voici des exemples de mélodies "non pensées"
et d'autres "pensées". Vous devriez entendre la différence.
Mélodie "non pensée" sur la pentatonique mineure de La.
Mélodie "pensée" sur la pentatonique mineure de La.
Mélodie "non pensée" sur la pentatonique mineure de Ré.
Mélodie "pensée" sur la pentatonique mineure de Ré.
Waouh ! J'ai jamais entendu des backtracks aussi extraordinaires ! Je les veux !
Allez, je suis vraiment trop sympa, les voici.
Celui en Am.
Et celui en Dm.
Pour passer des phrases "pensées" aux phrases "non pensées", il faut de la motivation, de l'envie. Pour
rendre votre jeu plus mélodique, il faut beaucoup s'écouter et se forcer à chanter
les notes avant de les jouer. C'est un travail à faire régulièrement, mais pas trop
longtemps puisque c'est assez frustrant : si vous chantez toutes les notes que vous
jouez, vous serez forcé de jouer plus lentement. Pour plus d'explications sur le principe
de l'improvisation, allez faire un tour sur la page
C'est quoi improviser.
Si vous débutez, vous arriverez
(en faisant des efforts) à jouer des phrases similaires à celles que je qualifie de "phrases
non pensées". Gardez toujours les 10 conseils cités
ci-dessus dans votre mémoire. C'est en jouant et en vous posant des questions que vous avancerez.