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Prendre du plaisir quand on joue

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L'attitude que l'on a et l'état dans lequel on se trouve quand on joue d'un instrument ont beaucoup d'influence sur notre jeu. N'avez-vous jamais remarqué quand que vous jouez alors que vous vous êtes abstenu pendant plusieurs jours, le plaisir est plus intense ? Ou encore que vous faites de plus belles phrases lorsque vous essayez une excellente guitare ?

Tout ça pour dire que le plaisir est la clé de la réussite dans l'apprentissage d'un instrument (d'après moi en tout cas). Aussi, cet état est communicatif avec le public : si vous prennez votre pied en jouant, il est fort probable que le public aussi.

Il faut donc tout faire pour prendre du plaisir, et avoir des méthodes pour trouver ce plaisir. Et dans cette page, vous en trouverez plein.

Voici le plan de cette page.

Travailler sa capacité d'émerveillement

Si "travailler sa capacité d'émerveillement" est la première chose dont je parle dans cette page, c'est que je considère que c'est la plus importante de toute.

Faisons une analogie avec le plaisir gustatif : prenons un carreau de chocolat (du bon chocolat de dégustation). Si vous l'engoutissez d'un coup (parce que vous avez un train à prendre par exemple), il n'aura pas du tout le même goût que si vous prenez le temps de le regarder, le sentir, (l'écouter?), puis de le déguster lentement en vous concentrant sur sa consistance, la façon dont il fond sur votre palais, son amertume, sa profondeur, ...

Bref.

Ce qu'il faut retenir dans cette analogie, c'est que la qualité gustative de ce carreau de chocolat dépend énormément de l'importance que vous lui accordez et de votre capacité à vous autoriser à être à l'écoute de vos sensations. Et bien pour la musique, c'est pareil. Je peut même dire : "pour la vie, c'est pareil" car ce genre de situations arrivent des centaines de fois dans une seule journée.

Cet état d'esprit, cette façon d'accueillir ses sensations, j'apelle ça la "capacité d'émerveillement". On peut aussi apeller ça "avoir une bonne sensiblité", ou "savourer la vie", ... bref il y a mille façons de qualifier cet état, qui est d'après moi un des clé de l'apanouissement.

D'un point de vue plus concret, plus guitaristique, il faut passer du temps à se concentrer sur la beauté de la simplicité de ce que l'on joue. Il faut éviter de chercher la satisfaction dans la complexité technique ou théorique, mais plutôt écouter ses sensations, ses "tripes". Si ça vous procure du plaisir et que vous vous autorisez à prendre ce plaisir sans le cacher au public ou à vous-même, alors ce plaisir sera communicatif.

Gérer sa motivation

Si vous êtes motivé pour faire quelque chose, vous le ferez bien mieux que si vous n'avez aucune motivation à le faire. Il faut donc apprendre à gérer sa motivation intelligement pour tirer le meilleur parti de son travail (j'en parle d'ailleurs brièvement à la page Travailler la guitare).

Travailler la même chose (par exemple des gammes) 4 ou 5 heures d'affilée est une excellente façon de casser sa motivation. Pour bien la gérer, il faut avant tout être à l'écoute de ce qui nous plait et de ce qui nous plait moins. Parfois on veut travailler des choses qui plaisent, parfois des choses qui nous plaisent moins. D'ailleurs, on fait souvent l'erreur de ne pas travailler les exercices qui nous plaisent moins, alors qu'il y a plusieurs façons de les rendre moins pénible : en mettant en valeur leur utilité, ou bien encore en les combinant avec d'autres exercices qu'on aime bien faire.

Prenons un exemple commun : "J'aime bien faire des bends et des slides, mais je n'aime pas travailler mes gammes".

Une possibilité peut être de combiner ces deux exercices : travailler ses gammes en faisant des bends et des slides sur un maximum de notes. Une autre possibilité est de mettre en valeur l'utilité du travail des gammes : travailler 10 minutes de gammes, puis tout de suite les utiliser pour improviser sur un morceau. Ainsi, on ne travaille pas les gammes "parce que le professeur a dit qu'il fallait travailler les gammes", mais parce que ça nous est très utile pour l'improvisation.

J'ai choisi ici un cas précis avec 2 façons de relancer sa motivation, mais elles sont inombrables, à vous de les inventer.

Ce qui est essentiel, c'est d'être à l'écoute de ce qui nous plait ou pas, et de tirer des leçons de nos expériences : retenez les exercices qui vous ont le plus fait progresser, et faites-les souvent.

Jouer des morceaux qu'on maitrise

Jouer sur des morceaux qu'on maitrise est une très bonne façon de prendre du plaisir facilement. Par exemple, si vous travaillez un morceau difficile, autorisez-vous aussi de temps en temps à jouer un morceau très facile. Vous le maitriserez tellement bien que vous ne penserez plus du tout à la technique et à l'emplacement de vos doigts mais à votre plaisir, votre "feeling" et au "groove" du morceau.

Et votre feeling c'est ce que le public va percevoir, donc vous avez tout intérêt à ce qu'il soit bon.

Sur un morceau difficile, ça n'est pas évident de prendre du plaisir puisque notre cerveau est concentré sur la technique, l'harmonie, et ça n'est qu'au bout d'un certain temps qu'on peut complètement se laisser aller et ne penser plus qu'à la beauté de la musique qu'on joue.

Jouer avec de bons musiciens

Jouer avec de bons musiciens est un excellent moyen de prendre beaucoup de plaisir et de progresser. Ce que j'entends par "jouer avec de bons musiciens", c'est "jouer avec des musiciens bien meilleurs que vous".

Ces musiciens vous tirerons vers le haut : vous percevrez vite ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans votre jeu, et vous aurez peut-être même droit à des conseils (sinon, demandez-en !).

Astuce: lorsque vous avez la chance de jouez avec de très bons musiciens, ne pensez pas à tout les défauts qu'ils pourront percevoir dans votre jeu mais plutôt au plaisir que vous avez de jouer avec eux : c'est avec cet état d'esprit que vous jouerez le mieux !

Chercher les secrets du plaisir dans l'écoute

De la même manière qu'un bon palais est essentiel au bon dégustateur, une bonne oreille est essentielle au bon musicien. Attention ! Il ne s'agit pas de la qualité intrinsèque de l'organe (par exemple la surface du palais ou le nombre de cellules gustatives...) mais bien de notre capacité à s'en servir !

Écouter beaucoup de musique est donc essentiel au musicien. Plus vous écouterez de musique, plus vous saurez ce qui vous plait ou pas, et plus votre répertoire s'élargira.

Aussi, vous avez sans doute remarqué que le plaisir de l'écoute est intimement lié à la mémoire : il est rare d'avoir les poils qui se hérissent à la première écoute d'un morceau. Et si cela arrive, c'est probablement parce que vos poils se sont déjà hérissé à l'écoute d'un autre morceau qui sonnait presque pareil.

Les radios et les chaines de télévision dont le but premier est d'amasser de l'argent sont bien au courant de ce phénomène : en matraquant les gens avec certaines musiques, ils savent qu'à la 4ème ou 5ème écoute les gens vont aimer cette musique en grande partie parce qu'ils la connaisent (ils deviennent alors des acheteurs potentiels, chic !).

Il faut être conscient de ce phénomène pour gérer intelligement les musiques qu'on écoute et ne pas se faire "manipuler par les oreilles". Un des conseils que je pourrais vous donner et que je considère comme le plus précieux, c'est de renouveler souvent votre playlist. Efforcez-vous de découvrir de nouveaux artistes, et écoutez plusieurs fois leurs CDs. Aussi, passez par des médias dont les intérêts financiers sont limités : radios alternatives, internet... Sachez que la page Découvrir de la musique parle de ce point plus en détail.

Aussi, en écoutant 4 ou 5 fois un morceau que vous considériez comme peu intéressant à la première écoute, vous allez peut-être vous rendre compte que ce morceau est en fait très beau, très fin et que vous l'adorez. Mais il faut l'écouter plusieurs fois pour s'en rendre compte.

Lorsqu'on est musicien, on cherche en permanence à donner de frissons au public et c'est donc intéressant de s'intéresser au pourquoi du comment des frissons! Ce qu'il faut savoir, c'est que les explications sont inombrables : ce peut être le timbre d'un instrument qui nous donne des frissons, ou la cadence, ou la beauté de la mélodie, ou le rythme... A vous de trouver !

Il n'y a pas de recette magique : c'est à chacun de comprendre la raison de ses sentiments lorsqu'il écoute de la musique. Ce qui est certain, c'est que la théorisation de ces sensations ne doit en rien limiter notre capacité à avoir des frissons : bien au contraire.

Prendre du plaisir en jouant de la musique, c'est la clé de la réussite. Et prendre du plaisir, c'est plutôt sympa! J'espère que cette page vous y aura sensibilisé.
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Dernière mise à jour : Samedi 1er décembre 2018